Poissons et pêchede Côte d’Ivoire et du golfe de Guinée FREN
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OUVERTURE

Pêcher en Côte d'Ivoire aujourd'hui

Ce livre commence là où commencent toutes les parties de pêche : sur le terrain, avec des questions simples. Ai-je le droit de pêcher ici ? Où aller pour ma première sortie ? Avec quel budget ? Cette ouverture y répond en quelques pages. Le reste de l'ouvrage vous accompagnera ensuite pendant des années.

Être en règle

La pêche en Côte d'Ivoire est encadrée par la loi n° 2016-554 du 26 juillet 2016 relative à la pêche et à l'aquaculture. Ce texte de 121 articles pose les principes : conservation des ressources, lutte contre la pêche illicite, et gestion durable des eaux maritimes, lagunaires et continentales. L'autorité de tutelle est le ministère en charge des Ressources animales et halieutiques (MIRAH).

La loi soumet la pêche artisanale et commerciale à licence. Pour la pêche récréative et sportive, le cadre est précisé par arrêtés et peut évoluer : renseignez-vous auprès du MIRAH ou de sa direction départementale avant de pêcher de façon autonome. En sortie encadrée (club, charter, guide), c'est l'opérateur qui porte les autorisations : c'est la voie la plus simple pour débuter.

Trois interdits absolus, quel que soit votre statut : les explosifs, les poisons et produits chimiques, et la capture des espèces intégralement protégées (tortues marines, lamantin). Pour les autres espèces, ce livre indique fiche par fiche le statut de conservation et les bonnes pratiques de relâche.

Chaque année, la pêche ferme en partie pendant le repos biologique, qui laisse les poissons se reproduire : la période commence en général le 1er juillet et dure de un à quatre mois selon la mer, la lagune, le lac et l’engin. Les dates changent d’une année à l’autre : avant votre première sortie, vérifiez le communiqué de l’année du ministère des Ressources animales et halieutiques (annexe B).

Où pêcher : le littoral et les lagunes en un coup d'œil

Autour d'Abidjan, tout est à moins d'une heure. La digue de Vridi et les abords du canal concentrent les prédateurs en chasse : carangues, barracudas, capitaines. Attention, le chenal de navigation et ses abords immédiats sont en zone portuaire réglementée : pêchez uniquement dans les secteurs autorisés. Les plages de Port-Bouët à Grand-Bassam offrent des kilomètres de surfcasting. La lagune Ébrié, accessible de Cocody à Jacqueville en passant par Bingerville, reste le terrain d'apprentissage idéal : eaux calmes, poisson abondant, pirogues et guides disponibles.

Plus loin, quatre destinations structurent un week-end de pêche. À l'est, Assinie et l'embouchure de la lagune Aby : passes poissonneuses et cocoteraies. À l'ouest, Grand-Lahou et l'embouchure du Bandama : le rendez-vous des capitaines. Puis Sassandra et ses fonds rocheux, et enfin San Pedro, porte des sorties hauturières de l'ouest.

Chaque fiche-espèce de ce livre précise le milieu où chercher le poisson. Le calendrier en annexe indique quand. La carte ci-contre situe les principaux spots cités dans l'ouvrage.

[CARTE À INSÉRER : littoral ivoirien annoté, d'Assinie à San Pedro, avec les spots cités et le code couleur des milieux.]

Les quatre façons de pratiquer

1. Du bord : plages et digues

La porte d'entrée. Une canne, quelques montages, des appâts locaux, et les kilomètres de plage font le reste. Le surfcasting se pratique au lever du jour et à la tombée de la nuit, la pêche de digue au gré des marées. Budget de départ modeste, sensations garanties : la carangue de bord ne pardonne pas le matériel fragile.

2. En lagune : la pêche des eaux calmes

La pêche au coup et à la palangrotte depuis une pirogue ou un petit bateau. C'est la pêche de l'apprentissage et de la régularité : mâchoirons, carpes lagunaires, otolithes. C'est aussi celle qui vous met au contact des communautés de pêcheurs, premiers connaisseurs de ces eaux.

3. En mer côtière : la traîne et le fond

Avec un bateau motorisé, le plateau continental s'ouvre : traîne légère le long des tombants, pêche au fond sur les roches, jigging sur les structures. Les sorties se font à la journée depuis Abidjan, Assinie ou San Pedro.

4. Au large : le grand jeu

Thons, voiliers, marlins, dorades coryphènes. La pêche hauturière ivoirienne reste un secret bien gardé : pendant la saison de l'upwelling, les thonidés chassent parfois à moins de dix milles des côtes. Elle se pratique en charter ou avec les clubs nautiques d'Abidjan.

La sécurité d'abord

La mer ivoirienne se respecte. La barre, cette vague de déferlement puissante qui frappe les plages, rend la baignade et la mise à l'eau dangereuses sur la majorité du littoral : ne tournez jamais le dos aux vagues en pêchant du bord. Aux abords des passes et du canal de Vridi, les courants de marée sont violents et le trafic des navires permanent : distances de sécurité obligatoires.

En lagune comme en mer : gilet de sauvetage pour chaque personne embarquée, téléphone chargé dans une pochette étanche, eau potable en quantité, protection solaire sérieuse. Consultez la météo avant chaque sortie et méfiez-vous des orages de saison des pluies, brutaux et rapides. Au large, la VHF et le signalement de votre plan de sortie à un tiers ne sont pas des options.

Comment utiliser ce livre

Ce livre suit le chemin du pêcheur. La Partie I raconte le théâtre : le Golfe de Guinée, l'upwelling, le canal de Vridi, les lagunes. La Partie II est le cœur encyclopédique : 106 fiches-espèces, classées par milieu, identifiables par leur code couleur. La Partie III enseigne les techniques, de la palangrotte lagunaire à la traîne hauturière. La Partie IV équipe : matériel, nœuds, appâts locaux. La Partie V engage : conservation, réglementation, et la Charte du pêcheur du Golfe de Guinée.

Trois outils de navigation accompagnent la lecture. L'index visuel par silhouettes, en tête d'ouvrage, mène de la forme du poisson à sa fiche en moins d'une minute. Les pictogrammes en tête de fiche renvoient au chapitre technique correspondant. Le code QR de chaque fiche ouvre sa version numérique enrichie et mise à jour.

Une convention enfin : aucune donnée de ce livre n'est inventée. Tailles, statuts de conservation et données biologiques remontent à des sources publiques vérifiables (FishBase, FAO, UICN, CRO Abidjan), citées en fin de fiche et en annexe. Quand une donnée locale reste à confirmer, le livre le dit honnêtement.