Le Mérou blanc
Epinephelus aeneus (Geoffroy Saint-Hilaire, 1817)
Famille des Epinephelidae (Serranidae) • le thiof, roi des fonds rocheux

3 sosies à connaître
| Nom français | Mérou blanc. Autres noms : mérou bronzé, serran airain, thiof (Sénégal). |
|---|---|
| Nom scientifique | Epinephelus aeneus (Geoffroy Saint-Hilaire, 1817) |
| Famille | Famille des Epinephelidae (Serranidae) |
| Nom anglais (FAO) | White grouper |
| Noms locaux | Sur les marchés et débarcadères ivoiriens : « Mérou » (Ouattara et al., 2016). |
| Milieu | Marin démersal et estuarien. Jeunes en zone côtière et estuaire, adultes de 30 à 100 m sur fonds sableux et rocheux. |
| Statut IUCN | NT Quasi menacé. Historiquement surexploité ; surpêche avérée au Sénégal et en Mauritanie. |
Identification
Corps massif et trapu, tête forte, grande bouche aux lèvres épaisses. Coloration gris-brun à bronze, plus clair sur le ventre, parfois marbré de zones plus pâles. Nageoires arrondies. Allure puissante et débonnaire typique des mérous.
Les caractères qui ne trompent pas
- Silhouette trapue et massive, tête volumineuse, grande bouche aux lèvres charnues.
- Coloration uniforme gris-bronze à brun, sans bandes ni taches vives marquées chez l’adulte.
- Trois épines sur l’opercule (caractère des mérous), nageoires aux contours arrondis.
- Souvent posté à l’affût près d’un abri (roche, épave, trou).
Taille et poids
Grand mérou pouvant dépasser 1 m. Espèce hermaphrodite protérogyne : les individus naissent femelles et changent de sexe vers 75 cm. Longévité estimée autour de 11 ans (longueur de génération). Sur la côte, les prises se situent souvent entre 2 et 10 kg, avec de très gros sujets possibles.
Comportement et écologie
Prédateur sédentaire et territorial, embusqué près des abris (roches, épaves, trous). Il aspire ses proies d’un coup de gueule : poissons, crustacés, céphalopodes. Les jeunes de moins de 30 cm vivent surtout en zone côtière et estuarienne, puis migrent vers des profondeurs de 30 à 100 m en grandissant, avec une préférence pour les fonds sableux et durs.
Sur la façade ivoirienne, l’espèce fréquente les fonds durs du plateau et les abords des estuaires, où les juvéniles trouvent refuge.
Reproduction et saison
Hermaphrodite protérogyne : inversion sexuelle femelle vers mâle autour de 75 cm. Cette biologie rend l’espèce particulièrement vulnérable à la surpêche, car prélever les gros individus retire les mâles reproducteurs de la population.
Pratique de pêche
Techniques, de la plus à la moins efficace
1. À la pêche de fond à l’appât naturel (poisson entier ou en morceau, calamar) près des abris rocheux et des épaves, technique reine.
2. Au jig ou madai sur les fonds durs, en restant proche du substrat.
3. Au vif calé près d’un abri pour les gros sujets territoriaux.
Tout se joue dans la première seconde : à la touche, le mérou plonge vers son abri. Il faut le décoller immédiatement par une traction franche et soutenue, sans lui laisser gagner les roches où il bloquerait la ligne. Frein serré au départ. Un mérou qui rentre dans son trou est presque toujours perdu.
Qualité culinaire
Chair blanche ferme et fine, parmi les plus réputées d’Afrique de l’Ouest. Au Sénégal, le thiof est le poisson emblématique du thiéboudienne et figure même sur un billet de banque. Excellent au four, braisé ou en filets.
Le saviez-vous
Le mérou blanc naît femelle et devient mâle en grandissant, vers 75 cm : c’est un hermaphrodite protérogyne. Cette particularité, commune chez les mérous, explique sa fragilité face à la pêche, car les plus gros poissons, les plus recherchés, sont aussi les seuls mâles reproducteurs. Au Sénégal, sous le nom de thiof, il est si emblématique de la cuisine nationale qu’il a figuré au revers d’un billet de banque.
Sources : FishBase (Epinephelus aeneus) ; IUCN Red List 2018 (Near Threatened, e.T132722A100459597) ; FAO Synopsis Bruslé 1985 ; Cury & Worms 1982 (thiof, côtes sénégalaises). Données ivoiriennes à reconfirmer auprès du CRO Abidjan.